Palmarès des classes jury 2009

Les nombreux enseignants fidèles au festival depuis près de six ans ont renouvelé cette année encore l’opération, preuve de l’intérêt d’un travail d’éveil critique à la lecture d’images.

Les films primés de l’édition 2009

Animation

Mia et le Migou

Fiction

Muskin

Documentaire

La Famille Suricate



Classes Jury festivalC’est avec la section Animation que les journées Jury ont démarré. Après la lecture des critiques, beaucoup d’enfants se sont exprimés au micro pour justifier leurs préférences ou les scènes qui les avaient marqués. Mia et le Migou de Jacques-Rémy Girerd a assez nettement dominé la compétition, choisi par 4 classes sur 7. Les étonnants migous ont séduit les enfants par leur aspect débonnaire, leur drôle de bouche et leurs voix chti. Les écoliers, malgré leur jeune âge, ont également été sensibles au message sur la sauvegarde de la planète, véhiculé par le film.
Les 3 brigands de Hayo Freitag a remporté les suffrages du CP de l’école Claude Monet de Bougival et du CE2/CM1 de l’école Léonard de Vinci de Fontainebleau, touchant 2 tranches d’âges très différentes.
Bien que très original et jugé complexe par des écoliers plus âgés, Nocturna de Victor Maldonado et Adrià Garcia a été le coup de coeur du CP de l’école La Martinière de Versailles.
Quand à Petites éclosions, composé de 3 courts métrages d’animation, il n’a pas trouvé son public (novateur, mais déconcertant, pratiquement sans paroles et jouant beaucoup moins sur l’affectif que les longs métrages).
Le pique-nique a pu avoir lieu dans les jardins du château de Fontainebleau, malgré la présence menaçante des nuages.

FOntainebleau 2009


Les classes fiction se retrouvaient. Une fois encore, un film se détachait nettement : Muksin de la réalisatrice malaisienne Yasmin Ahmad. Les enfants, du CM1 à la 6e, se sont bien projetés dans cette histoire tendre entre deux pré-adolescents, finalement proche de leurs préoccupations (malgré une rivalité de façade filles-garçons dans les cours de récré).
A noter que la VO les a vraiment immergés dans le film.
Le Roi des masques de Wu Tian-Ming a transporté les élèves de 2 classes avec l’émouvante histoire de Gouwa et l’art magique de Maître Wang.
Le très beau Paï de Niki Caro a largement séduit le CE2 de l’école Paul Bert de Meaux (23 voix contre 5), mais sa narration, oscillant entre réalisme et légende tribale, a plutôt désorienté les autres classes jury.
Enfin, Le Cahier d’Hana Makhmalbaf, dans un style dépouillé et âpre proche du documentaire, a dérouté les enfants, incrédules devant l’obstination ponctuée d’embûches d’une petite fille de six ans pour aller à l’école dans un pays dévasté par la guerre, d’autant que le film se termine sur une note pessimiste.
Le pique-nique s’est déroulé sous le soleil dans de beaux jardins à la française.


Dans la catégorie documentaire, La Famille suricate de James Honeyborne s’est largement imposée avec ses charmants petits rongeurs qui ont facilement séduit les enfants avec happy-end de rigueur !
Après d’âpres discussions au sein de leurs établissements, deux classes ont finalement choisi des documentaires moins faciles : le CM2 de l’école Louis Robertde Coulommiers a élu Camera Kids de Zana Brisky, qui interroge sur la vie d’enfants de prostituées en Inde.
Tabarly, le choix des élèves de CM2 de St Merry de Fontainebleau, leur a permis de comprendre ce que peut être un vrai héros (l’antithèse du people éphémère qui n’existe qu’au travers des médias).
Enfin, On dirait que…malgré un dispositif intéressant et souvent la présence de la réalisatrice, n’a pas conquis les enfants (mais démontré qu’ils connaissaient mal le métier de leurs parents).
C’est sur la pelouse du château de Nemours (XIIe sc) et sous un soleil de plomb que le dernier pic-nic a eu lieu, sous l’œil méfiant d’un héron cendré.

Lors de ces 3 journées, les enfants ont pu voir après les délibérations, le premier film d’Alan Parker, Bugsy Malone, en ressortie nationale, une parodie de films de gangsters, saupoudrée de comédie musicale, où tous les rôles sont tenus par des enfants.
Léger et plein d’humour, la projection a suscité rires et applaudissements, en guise de bouquet final du festival.


Bilan
Cette année, plusieurs écoles se sont investies dans l’opération, en associant deux, voire quatre classes de la même école, autour d’un projet commun, afin de comparer leurs expériences, leurs visions et de pouvoir s’entraîner à l’argumentation en échangeant leurs avis. Le déroulement des ateliers préalables, visant à préparer les enfants à la critique de films, a connu un changement, en incorporant (suite à investissement en matériel) une initiation à la réalisation ; initiation qui s’est révélée fort utile, pour mieux appréhender les contraintes de la réalisation et faire la différence entre les genres : animation, documentaire, fiction...

Les petits films réalisés par des enfants très enthousiastes, leur ont permis de comparer avec des extraits de films réalisés par des professionnels et d’affiner ainsi leur sens critique. Un bémol cependant : La semaine de 4 jours qui a perturbé quelque peu le fonctionnement de l’opération, en raccourcissant d’une demi-journée la semaine des écoliers… certains enseignants gardant, à l’approche des journées jury, le samedi matin pour travailler sur les critiques… Difficulté renforcée pour les enseignants souhaitant conduire un projet cinéma.

Il y a eu un excellent travail réalisé par l’ensemble des classes (en particulier les critiques comparatives). Des trois journées Jury, la journée Fiction a peut-être été la plus vivante avec beaucoup de prises de parole, une ambiance très chaleureuse et des applaudissements à tout rompre à la fin de la projection de Bugsy Malone

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