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Le voyage du Prince
de Jean-François Laguionie
et Xavier Picard

France | 2019 | 78 minutes | VF | 8+
 
Un vieux Prince échoue sur un rivage inconnu. Blessé et perdu, il est retrouvé par le jeune Tom et recueilli par ses parents, deux chercheurs dissidents qui ont osé croire à l’existence d’autres peuples… Le Prince guidé par son ami Tom, découvre avec enthousiasme et fascination, cette société pourtant figée et sclérosée. Pendant ce temps, le couple de chercheurs rêve de convaincre l’Académie de la véracité de leur thèse auparavant rejetée…

“Conçu comme un journal de voyage, avec une voix off magnifique, ce tendre et piquant conte philosophique pour toute la famille démarre sur un rivage inconnu où un vieux singe naufragé, le Prince, est sauvé par Tom, un autre singe d’une dizaine d’années. Dès cette première séquence, entre bleu grisé et beige sable, flotte le thème de la transmission, au-delà des plages générationnelles. Les deux primates ne parlent pas la même langue mais le jeune Tom comprend rapidement l’aîné alors que ses parents, deux chercheurs bannis par l’Académie et retirés dans un vieux musée d’Histoire naturelle, en sont encore à s’interroger sur cet « étranger ». Une fois requinqué, le Prince prend la main de l’enfant pour découvrir cette civilisation progressiste et fière de l’être avec sa ville rutilante de lumière aux immeubles bien rangés, mais soumise à la peur et de plus en plus encerclée par la végétation… En redonnant vie au Prince de Laankos, parti en expédition à la fin du Château des singes (1999), Jean-François Laguionie retourne à son thème fétiche – la découverte des autres, et donc, de soi –, mais de manière bien plus personnelle : on sent que le cinéaste se rêve à travers ce monarque éclairé toujours en quête d’ailleurs, ce Léonard de Vinci simiesque qui fait des croquis et invente des machines volantes. Après d’alertes scènes d’escalades végétales, sa promenade initiatique le mènera sur une canopée très écolo avec sa permaculture et ses habitants qui portent de petites lunettes rondes à la John Lenon !”

Par Guillemette Odicino, Télérama, le 15/06/2019.