Tito et les oiseaux
de Gustavo Steinberg et André Catoto  

Brésil | 2019 | 73 minutes |  VOSTF | 7+
 
Tito a 10 ans et vit seul avec sa mère. Lorsqu’une étrange épidémie commence à se propager dans la ville, transformant les gens en pierres chaque fois qu’ils ont peur, Tito comprend que le remède pourrait être lié aux recherches que son père avait faites avec des oiseaux. Accompagné par ses amis, il se donne alors pour mission de sauver le monde.

“La nouvelle a défrayé la chronique mondiale : depuis le 1er janvier 2019, le conservateur Jair Boslonaro est président de la République du Brésil. L’extrême violence, l’insécurité et la corruption politique ont fait ses choux gras durant la campagne présidentielle de 2018.
Ce grand bouleversement constitue le sous-texte du film de Gustavo Steinberg, Gabriel Bitar et André Catoto. Dans un Sao Paulo très sombre aux multiples tours et immeubles inquiétants, la peur change les habitants en pierre. Cette étrange épidémie fait les affaires d’Alaor, célèbre présentateur télé gavant ses spectateurs d’images de faits divers plus effrayants les uns que les autres. Rien de plus essentiel pour cet odieux bonhomme, qui entretient la peur de ses concitoyens afin de leur vendre des résidences ultra sécurisées.

On retrouve la métaphore filée du populisme, qui entretient l’effroi et les incertitudes des peuples face à un avenir de plus en plus incertain au sein de sociétés mondialisées. Jusque dans le rapport du héros, Tito, à sa mère Rosa, qui étouffe son fils de sa propre peur du monde. Comme nombre de films d’animation mettant en scène des enfants, les thèmes du courage, de la quête de soi et de l’émancipation sont omniprésents. Mais ce qui frappe, par-dessus tout, c’est l’esthétique générale de Tito et les oiseaux.

Les images sont presque entièrement faites de peinture à l’huile, avec quelques animations numériques. Ceci donne aux décors une texture et un relief très expressionnistes, dignes de Metropolis ou du Cabinet du Docteur Caligari, et renforce la dimension fantastique du film, parfois gothique, notamment par les formes fantomatiques des oiseaux, qui semblent effrayants, mais sont la clé de l’intrigue. Une aventure simple à suivre, cinématographiquement innovante et pleine d’humanité.”

Arthur Champilou, aVoir-aLire.com, le 31 mars 2019.